Sommaire
Il y a quelque chose de reconnaissable dans un bloc Rhodia. La couverture orange, l’agrafage bien serré, le papier légèrement lustré qui refuse presque tout bavage de stylo. On en trouve dans les bureaux d’avocats parisiens comme dans les ateliers de plombier, sur les tables des jurys de concours comme dans les sacs de journalistes. Cette omniprésence n’est pas un hasard : Rhodia est une marque française de papeterie qui a construit sa réputation sur un point technique très concret, la qualité du papier, et qui a peu bougé sur cette recette depuis 1932.
Aujourd’hui l’offre s’est diversifiée avec le temps. Rhodia produit des blocs qui vont du format poche à emporter dans une veste jusqu’aux beaux carnets cuir type Moleskine. Comprendre les différentes gammes évite de payer un Web à 30 euros quand un Classic à 6 euros aurait fait exactement le même travail. Ou inversement.
La gamme Classic : le bloc que tout le monde a eu en main
Quand on dit “un Rhodia”, c’est en général à la gamme Classic qu’on pense. Couverture orange cartonnée souple, agrafage en tête, micro-perforation pour détacher les feuilles proprement. Le format le plus courant reste le A5, celui qu’on tient d’une main pour prendre des notes en réunion. La gamme couvre en réalité tous les formats du A7 (petit calepin qui rentre dans une poche de veste) au A4 pour les rapports.
Le papier utilisé est un 80 g/m² fabriqué par Clairefontaine, marque du même groupe. C’est ce papier qui fait toute la spécificité Rhodia : légèrement lustré, très résistant à l’encre, avec une opacité qui empêche le texte du verso de transparaître. Résultat : on peut écrire des deux côtés d’une feuille avec un stylo bille ou un feutre fin sans que ça devienne illisible. Une évidence sur le papier, une prouesse en pratique par rapport au papier standard de bureau à 70 g/m².
Les réglures disponibles chez Rhodia Classic :
- Petits carreaux (n°10, 5×5 mm) : format historique français, idéal pour l’écriture serrée, les prises de notes techniques, les tableaux et croquis rapides.
- Grands carreaux (n°16, Seyès) : format scolaire élargi, plus confortable pour l’écriture manuscrite normale.
- Ligné : lignes horizontales espacées de 7 mm, pour la prise de notes fluide type journalistique.
- Dot Grid (pointillés) : format devenu culte avec l’explosion du bullet journal, permet la structuration libre.
- Uni : page blanche pour les schémas, dessins, mind maps.
Prix constatés en 2026 : 3 euros pour un A7, environ 8 euros pour un A4. Difficile de trouver moins cher à qualité équivalente sur le marché français.
Le N°18 : format A4 étendu, référence des réunions longues
Le N°18 est un cas particulier chez Rhodia. C’est un bloc A4 étendu (210 × 318 mm, soit un peu plus haut que le A4 standard) avec 80 feuilles agrafées en tête. Le format supplémentaire donne de la place pour poser un plan à côté de ses notes, et l’agrafage en tête permet de tourner les pages sans les décoller à la moindre pression.
C’est un format devenu culte dans les études d’avocats, les cabinets de consulting et chez les enseignants. On le voit partout dans les réunions un peu longues, celles où on prend plusieurs pages de notes. Grand avantage : chaque feuille peut être détachée proprement grâce aux micro-perforations, sans laisser de bord dentelé. Compter environ 8 euros pour un N°18.
Les blocs à spirales : quand l’ouverture à plat compte
Un bloc agrafé, aussi bien conçu soit-il, ne s’ouvre jamais complètement à plat. Il y a toujours une petite bosse au niveau de l’agrafage qui gêne l’écriture sur les dernières pages ou qui force le poignet à un angle inconfortable. La spirale résout ça d’un coup, en permettant d’ouvrir le bloc à 180 degrés et de le retourner sur lui-même.
Rhodia propose plusieurs blocs spirale, avec les mêmes réglures que la gamme Classic. Le plus populaire reste le Classic A5 80 pages à spirales, existe en petits carreaux et en Dot Grid. Prix autour de 8 à 12 euros. La reliure spirale résiste très bien dans le temps, y compris quand on plie le bloc en deux pendant des mois.
Un usage moins connu : ces blocs spirales conviennent particulièrement aux gauchers, qui peuvent tourner le bloc sans que la spirale ne gêne le poignet. Petit détail qui compte pour ceux qui ont galéré toute leur scolarité avec des cahiers à spirales dans le mauvais sens.
Rhodia Web et Webnotebook : la réponse française aux Moleskine
Quand la mode des beaux carnets cuir type Moleskine a explosé dans les années 2000, Rhodia a répondu avec sa gamme Web. Couverture cuir cousue ou similicuir de bonne facture, papier 90 g/m² extra-blanc, marque-page cousu, élastique de fermeture, format A5 ou A6.
Les prix sont plus élevés : compter 20 à 35 euros pour un Web selon le format et le revêtement. C’est le double d’un Classic à contenu de papier équivalent, mais on paye la reliure cousue et la couverture. Certains modèles proposent des pages numérotées et un index en début de carnet, ce que la gamme Classic ne fait pas.
Question à se poser avant d’acheter un Web : voulez-vous ce carnet pour l’usage ou pour le côté “beau carnet à sortir en réunion” ? Les deux réponses sont légitimes. Mais si l’usage prime, un Classic à 6 euros avec 80 pages de bon papier fera exactement le même travail sans la couverture cuir.
Le vrai atout Rhodia, c’est le papier
Au-delà des gammes et des reliures, ce qui revient à chaque fois quand on parle de Rhodia, c’est la qualité du papier. Le 80 g/m² Clairefontaine est particulièrement compatible avec :
- Stylos à bille classiques (Bic Cristal, Pilot, Uni-Ball), sans risque de bavure ni de transparence.
- Feutres fins et rollers (Stabilo Pen 68, Pilot G-2), rendu propre grâce au papier légèrement lustré.
- Stylos-plume, y compris avec des encres humides Diamine ou Iroshizuku : le papier ne buvarde pas et sèche en 3 à 5 secondes.
- Crayon graphite HB à 4B, avec un rendu net et une gomme facile à passer sans arracher le papier.
Les marqueurs plus larges (Sharpie, Posca, marqueurs permanents) peuvent tout de même transpercer le papier sur certaines nuances. C’est la limite technique du 80 g/m², pas un défaut du bloc. Pour ces usages, Rhodia propose une gamme Sketchbook 120 g/m² spécifiquement conçue pour supporter les encres épaisses.
Un dernier point souvent oublié : Rhodia et Clairefontaine sont fabriqués en France, dans les Vosges, ce qui explique en partie la stabilité de qualité sur plusieurs décennies. À l’heure où la papeterie chinoise arrive à des prix imbattables, payer 6 euros pour un bloc français avec ce niveau de finition reste raisonnable, et surtout un vrai plaisir d’usage au quotidien.


