Fellowes Starlet 2 : la relieuse perforeuse testée

La reliure plastique reste une valeur sûre pour les rapports, mémoires et présentations en petit tirage. Malgré la digitalisation, on continue de relier des documents physiques dans beaucoup de contextes : études, cabinets de conseil, formations, associations. Fellowes est l’un des leaders historiques du marché, et sa Starlet 2 vise justement les petits bureaux qui reliaient jusque-là chez le repro-graphiste. Test complet après plusieurs mois d’usage.

Le principe technique : perforer puis relier

Une relieuse à anneaux plastique (peignes) réalise deux opérations en un seul appareil. La perforation crée des trous rectangulaires sur le bord de la feuille au format standard 21 trous A4. La reliure ouvre le peigne plastique et clipse les feuilles perforées dessus.

Ce système existe depuis les années 1970 et a peu bougé techniquement. Sa force : une reliure démontable, qu’on peut rouvrir pour ajouter ou retirer des feuilles. Sa limite : un rendu moins premium qu’une reliure spirale double ou qu’une reliure thermique.

Les caractéristiques techniques de la Starlet 2

Les chiffres constructeur :

  • Capacité de perforation : 12 feuilles 80 g/m² en une passe (15 feuilles pour la Starlet 2+).
  • Capacité de reliure : jusqu’à 120 feuilles avec un peigne 16 mm.
  • Format : A4 uniquement, pas de compatibilité A5 ou légal.
  • Ajustement de marge : oui, molette latérale avec 4 positions (3, 5, 8, 10 mm).
  • Poids : environ 4 kg, se pose et se range facilement sur une étagère.

À noter : la Starlet 2 est une relieuse manuelle. Chaque opération demande un effort du bras. C’est adapté aux usages ponctuels (moins de 20 reliures par semaine). Au-delà, mieux vaut passer sur une machine semi-électrique type GBC ClickBind ou Rexel VeloBind.

L’ergonomie à l’usage

Trois points positifs qui la distinguent après plusieurs mois d’usage réel.

Le levier de perforation est bien positionné, à la bonne hauteur pour le poignet. L’effort reste raisonnable même sur les 12 feuilles maximum, ce qui n’est pas évident sur ce segment de prix. Beaucoup de relieuses concurrentes demandent un vrai coup de bras pour perforer au maximum, la Starlet 2 reste physiquement confortable.

Le silence est un autre bon point. Contrairement à certains modèles concurrents qui claquent bruyamment à chaque perforation, la Starlet 2 reste discrète. Utilisable dans un open space sans gêner les collègues, ce qui n’est pas anodin.

La solidité est le troisième argument. Conception métallique, sans plastique visible sur les zones de contrainte. Tient dans le temps même avec plusieurs reliures par semaine sur plusieurs années. Beaucoup de retours d’utilisateurs signalent des Starlet en service depuis 8-10 ans sans intervention.

Les deux points d’attention

Aucune machine n’est parfaite, deux limites méritent d’être signalées.

Le premier point : perforer plus de 12 feuilles en une passe abîme progressivement les guides de perforation. La tentation existe (on gagne du temps), le résultat à moyen terme est catastrophique. Respecter la limite de 12 feuilles allonge la durée de vie de la machine de plusieurs années. La discipline paie.

Le second point : le tiroir à confettis se remplit beaucoup plus vite qu’on ne le pense (environ tous les 100 feuilles). Un tiroir plein empêche la perforation propre et laisse des morceaux de papier dans les trous. Prendre l’habitude de le vider régulièrement, c’est 30 secondes qui évitent des heures d’énervement.

Starlet 2 vs Starlet 2+ : le petit calcul

La différence tient au nombre de feuilles perforables : 12 pour la standard, 15 pour la Plus. Le surcoût de la Starlet 2+ est d’environ 15 à 20 euros vs la standard.

Le calcul : si vous reliez plus de 5 fois par semaine des documents épais, la 2+ paie sa différence rapidement en gain de temps (moins de passes par document). Pour un usage occasionnel (quelques reliures par mois), la Starlet 2 standard suffit largement.

Le budget consommables à prévoir

La relieuse seule ne suffit pas. Il faut compter les fournitures récurrentes :

  • Peignes plastique à la bonne taille selon l’épaisseur : 6 mm pour 25 feuilles, 8 mm pour 40, 10 mm pour 55, 12 mm pour 80, 16 mm pour 120, 20 mm pour 160.
  • Couvertures de reliure : plate PVC transparente devant (150 microns minimum), cartonnée derrière (250 g/m²).
  • Plaque de dos personnalisable pour ajouter le titre du document en tranche.

Compter environ 15 à 30 centimes par reliure en fournitures selon la qualité choisie. Le budget annuel reste modeste pour un usage normal.

La concurrence directe

Trois alternatives à connaître dans cette gamme de prix :

  • GBC CombBind C210 : équivalent en gamme, 10 feuilles par passe, autour de 100 euros. Réputation plus premium mais capacité inférieure.
  • Rexel V125 : version plus simple, 12 feuilles par passe, sans réglage de marge, autour de 80 euros. Bon rapport qualité/prix pour l’entrée de gamme.
  • Rexel CombBind 100 : haut de gamme, 15 feuilles par passe, meilleure durabilité, autour de 150 euros. À considérer pour usage intensif.

La Starlet 2 se positionne sur le sweet spot rapport prix/durabilité/confort d’usage pour un bureau TPE ou associatif. Pour un usage intensif quotidien (plus de 50 reliures par semaine), passer sur une gamme au-dessus type GBC ProClick ou Rexel VeloBind électrique reste préférable.