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La HP 301 est probablement l’une des cartouches d’encre les plus vendues en France sur la dernière décennie. Elle équipe des millions d’imprimantes HP DeskJet, Envy et OfficeJet Pro grand public, achetées entre 2010 et 2018. Aujourd’hui la plupart de ces imprimantes tournent encore parfaitement, mais leurs propriétaires se retrouvent face à un marché où les prix vont du simple au sextuple pour ce qui semble être exactement le même produit. Décryptage professionnel.
Précision utile avant de commencer : la HP 301 existe en deux versions, standard et XL, qui ne changent pas la compatibilité mais uniquement la charge d’encre. On voit encore des vendeurs qui jouent sur la confusion, en affichant “HP 301” en gros et “compatible avec la référence XL” en tout petit. Le premier réflexe pro : toujours vérifier la référence exacte dans la fiche technique du produit, pas dans le titre commercial.
Rendement HP 301 vs 301XL : les chiffres officiels ISO
Les valeurs mesurées selon la norme ISO/IEC 24711 (5 % de couverture par page, cycles standardisés) donnent les rendements officiels HP suivants :
- HP 301 noir : environ 190 pages A4.
- HP 301 XL noir : environ 480 pages A4, soit un ratio 2,5x.
- HP 301 couleur (tri-color) : environ 165 pages A4.
- HP 301 XL couleur : environ 330 pages A4, soit un ratio 2x.
Traduction pratique : la version XL offre 2 à 2,5 fois plus d’encre pour un surcoût typique de 30 à 50 % vs la standard. Le coût par page tombe donc mécaniquement, ce qui rend la XL toujours plus économique sauf pour un usage inférieur à 20 pages par mois. C’est l’arbitrage à connaître.
Un point que les fiches produit ne précisent pas : ces rendements ISO sont mesurés à 5 % de couverture. Si votre usage réel est plus proche du 15-20 % (impressions de rapports, tableaux Excel colorés, PDF chargés), divisez les rendements par 2. Une XL noire qui promet 480 pages tiendra plutôt 250 dans un vrai bureau.
Compatibilité imprimantes : la liste HP officielle
La HP 301 couvre une génération entière de multifonctions grand public HP, essentiellement les modèles produits entre 2011 et 2016. On la retrouve encore aujourd’hui dans une majorité de foyers équipés.
Les principales séries concernées : HP DeskJet 1050 à 3055 (1050, 1055, 1510, 2050, 2054, 2540, 2542, 2544, 2547, 3050, 3054, 3055), HP Envy 4500 à 5532 (4500, 4502, 4504, 4507, 5530, 5532), et HP OfficeJet 2620 à 4634 (2620, 2622, 4630, 4632, 4634). Il existe aussi quelques déclinaisons régionales (versions blanches WH, noires spéciales opérateurs) qui utilisent la même cartouche.
Attention à ne pas confondre avec la HP 302 (imprimantes plus récentes, format cartouche différent), la HP 303 ou la HP 304. Elles se ressemblent visuellement mais la puce et le connecteur ne sont pas les mêmes. En cas de doute, retirez votre cartouche actuelle : la référence est imprimée directement dessus. Plus fiable que le nom du modèle.
Original, compatible, remanufacturé : trois marchés distincts
Comprendre les trois segments du marché évite les erreurs d’achat. Un remanufacturé n’est pas un compatible, et un compatible bas de gamme n’a rien à voir avec un compatible marque reconnue.
L’original HP est fabriqué par HP directement, distribué en boîte estampillée avec sceau anti-contrefaçon. Comptez 20 à 25 euros pour une 301 standard, 30 à 40 euros pour une XL. Reconnaissance native par l’imprimante, aucun message d’alerte. Disponibilité toutefois en baisse : HP réduit progressivement sa production sur cette référence ancienne.
Le compatible désigne une cartouche fabriquée par un tiers avec composants neufs (corps plastique, puce, encre). Prix typiques : 6 à 12 euros la standard, 10 à 15 euros la XL. Les acteurs sérieux du marché sont Peach, Uprint, Emstar, Marabu-Colors et Ink United. Un léger message “cartouche non originale” peut apparaître à l’installation. Sans conséquence.
Le remanufacturé est une cartouche originale HP récupérée en fin de vie, nettoyée aux ultrasons, rechargée en encre neuve et retestée. Prix : 8 à 15 euros. Avantages : puce d’origine (aucun message d’alerte), meilleure fidélité colorimétrique que les compatibles bas de gamme, empreinte écologique inférieure. C’est l’option qui monte en France depuis 5 ans.
Les trois pièges d’achat les plus fréquents
Après plusieurs années à conseiller des acheteurs pros et particuliers, voici les erreurs qui reviennent le plus souvent.
Le premier piège reste la confusion 301 vs 301XL. Certains marketplaces affichent la version standard dans le titre et vendent effectivement la XL (ou l’inverse). Toujours vérifier dans le descriptif détaillé, jamais dans le titre du produit.
Le deuxième piège concerne les packs XL bradés à moins de 5 euros pour une noire compatible. À ce prix, la cartouche n’a pas de puce, ou une puce d’ancienne génération qui ne remonte pas correctement le niveau d’encre. L’imprimante affiche alors des messages intempestifs et il faut valider manuellement chaque impression. Fastidieux au quotidien.
Le troisième piège porte sur les cartouches stockées trop longtemps. La puce HP embarque une date d’expiration à environ 24 mois après fabrication. Passé ce délai, l’imprimante peut refuser la cartouche même si l’encre reste utilisable. Vérifier la date sur l’emballage évite l’achat de stocks anciens écoulés à petit prix sur les marketplaces.
Le calcul de rentabilité qui compte vraiment
Question honnête : est-ce que votre HP DeskJet ou Envy vaut encore le coup d’y investir dans des cartouches ? Si vous avez plus de 8 ans de machine et que vous rachetez régulièrement 3 à 4 packs XL par an, l’équation économique bascule.
Une imprimante à réservoir d’encre type HP Smart Tank ou Epson EcoTank coûte 200 à 300 euros mais réduit le coût par page d’un facteur 10 ou 15. Sur un usage moyen (2 000 pages par an), l’amortissement se fait en 14 à 20 mois selon les tarifs constatés. Au-delà, on économise réellement.
Cela dit, si vos volumes annuels restent sous les 500 pages, aucune raison de changer. Une HP 301 XL compatible à 12 euros vous donne 480 pages, largement de quoi tenir un an. La bonne stratégie est simple : garder une cartouche de rechange sous la main. Rien de plus rageant que de découvrir un dimanche à 20h qu’il n’y a plus d’encre pour imprimer un billet de train.


